La photothérapie du vitiligo

Le principe est de reproduire de façon artificielle le rayonnement solaire. Ceci est réalisé le plus communément avec des tubes fluorescents ressemblant à de « faux tubes néon », émettant ainsi soit des UVA, soit des UVB.
Les progrès réalisés au fil du temps ont permis en outre de sélectionner les rayonnements les plus efficaces et les moins délétères pour la peau. Il existe ainsi aujourd’hui des tubes fluorescents qui émettent dans l’ UVA et des tubes TL01 qui émettent une bande étroite dans l’ UVB (entre 311 et 313 nm).
Ces derniers ont tendance à progressivement remplacer les tubes à UVB traditionnels qui émettaient à plus large spectre, car ils présentent l’intérêt d’être à la fois plus efficaces et mieux tolérés, c’est-à-dire qu’ ils induisent peu ou pas de « coup de soleil ».

Quels que soient leur type, ces tubes, qui mesurent entre 1,20 m et 1,50 m de haut, sont installés au sein d’une cabine. La grande majorité des cabines de photothérapie sont ainsi des cabines mixtes à UVA et UVB et il suffit alors de programmer le fonctionnement de l’ un et/ou l’ autre type de tubes selon les besoins.

En amont de la séance

En cas de puvathérapie, selon le principe de cette méthode, la séance d’exposition aux UVA est précédée soit de la prise orale du psoralène, soit du bain contenant le psoralène.

La séance

Pour les dermatoses étendues, quel que soit le type de photothérapie, les séances d’ exposition aux UV s’ effectuent en cabine sur corps nu, avec juste une protection oculaire ainsi qu’ une protection des parties génitales pour l’ homme en raison du risque accru de cancer du scrotum. En cas de dermatoses localisées, par exemple aux mains ou aux pieds, l’ exposition aux UV est limitée à la zone malade grâce à de petits modules adaptés à la surface cutanée à traiter. La séance de balnéopuvathérapie sera suivie d’une douche pour éliminer le psoralène de la peau.

Durée des séances

Toutes les photothérapies (à lexception de la photothérapie UVA1), induisent un bronzage qui arrête le rayonnement nécessaire à l’ effet thérapeutique. Ainsi, la durée des séances doit donc être progressivement augmentée. La durée des séances oscille ainsi entre 1 minute pour la première et une dizaine de minutes en fin de cure. Le rythme habituel de traitement est de 2 à 3 séances par semaine.

Quels sont les résultats ?

Il s’agit d’un traitement largement utilisé dans la prise en charge du vitiligo ; il permet souvent d’améliorer les résultats en combinaison avec d’utres thérapies comme les dermocorticoïdes et/ou le tacrolimus topique.
Au cours du vitiligo l’effet recherché est double : une action d’inhibition de l’activation du système immunitaire au niveau de la peau mais également une action de régénération en mobilisant les réservoirs de mélanocytes au niveau des poils.
Le traitement peut être renouvelé en cas de bon résultat et/ou récidive. Les doses reçues par le patiente sont comptabilisés notamment tout au long de sa vie afin d’évaluer le cumul des séances réalisées.

Quels effets secondaires et quelles complications ?

Outre les risques de cataracte, c’ est-à-dire d’ opacification du cristallin, en cas d’ absence de protection oculaire correctement réalisée, le principal effet secondaire à long terme, c’ est-à-dire par répétition des séances, de toutes les photothérapies, quel qu’ en soit le type, est la majoration du risque de cancer cutané, heureusement essentiellement des carcinomes, dont la gravité est bien moindre que celle du mélanome.
Les indications de la photothérapie sont donc très sélectionnées et toujours mises en balance par rapport au choix thérapeutique éventuellement disponible à chaque moment de l’ évolution de l’ affection. Ainsi, les indications de photothérapie chez l’ enfant sont tout particulièrement pesées et relèvent d’ avis hautement spécialisés.

Quelle surveillance ?

La surveillance du déroulement correct est effectuée à chaque séance par le médecin lors de la réalisation d’ une séquence de photothérapie. Les patients qui ont subi de nombreuses séances doivent faire l’ objet d’ un suivi dermatologique régulier à vie.

Quelles précautions avant, pendant, et après les séances ?

En cas de réalisation d’une PUVAthérapie nécessitant la prise d’un agent photosensibilisant, appelé psoralène :
Le psoralène peut être assez mal toléré au plan digestif. Il est conseillé de ne pas le prendre à jeun, mais au cours d’ une prise alimentaire. Les effets secondaires à type de nausées ont toutefois tendance à s’atténuer au fil des séances.
Pendant la séance d’ exposition, le port de lunettes de protection est impératif, de même que la protection des parties génitales chez l’ homme par un string.
Le psoralène pris par voie orale reste présent dans la peau et au niveau de la rétine pendant 8 heures, ce qui impose le port de lunettes de protection solaire et de vêtements appropriés pendant les 8 heures qui suivent la séance. Il faut évidemment éviter toute exposition au soleil à la suite des séances.
En cas d’ immersion dans un bain de psoralène, un simple rinçage sous la douche suffit à éliminer le produit dont le passage dans la circulation sanguine est considéré comme négligeable. La protection oculaire est réduite de fait à 2 heures.

Autres précautions :

Les agents photosensibilisants, c’ est-à-dire augmentant la sensibilité de la peau au soleil, en particulier les cosmétiques tels que les parfums, sont formellement à proscrire avant les séances. Il est impératif que toute prise médicamenteuse soit signalée avant chaque séance au médecin qui jugera si cette prise est compatible avec la photothérapie.
Pour lutter contre le dessèchement cutané habituel avec toute photothérapie, l’utilisation de crèmes hydratantes est conseillée après les séances.

Annuaire

Vous pouvez retrouver les dermatologues disposant d’une cabine de photothérapie en parcourant ce site internet :

➜ Annuaire du Syndicat des Dermatologues